Si il y a un livre qui a fait un grand bruit dans le petit monde de la self en cette année 2009, c’est assurément le « Meditations on Violence » du Sgt. Rory Miller, paru chez YMAA publishing .
Sous-titré : « A comparison of Martial Arts Training & Real World Violence », il aura aussi fait grincer bien des dents, autant chez les pratiquants d’Arts Martiaux « traditionnels » que dans le landerneau de la self-défense dite « Reality based ».
L’exercice auquel se livre Miller dans ce livre, est rien moins que salutaire en ces temps où tout le monde y va de « sa » self-défense.
Il pose, avec une précision chirurgicale, toute une série de questions qui fâchent…
- « Quelle est l’idée que vous vous faites de la violence et en quoi coïncide-t-elle avec la réalité ? »
- « En quoi votre entraînement reflète-t-il cette réalité ? »
- « Comment amenez-vous vos élèves à comprendre et à réagir à la violence ? »
…
En quelques questions et exemples bien sentis, Miller nous prouve qu’il y a souvent une part de fantaisie, consciente et inconsciente, dans notre représentation de la violence.
Et cette part de fantaisie nous amène à commettre des erreurs et des contresens dans notre façon d’appréhender l’entraînement, mais également, pour ceux qui enseignent, dans la façon dont nous entraînons les autres.
Ne vous attendez donc pas à un recueil de techniques ou à une méthode complète et infaillible de self-défense.
Le propos du livre est centré sur deux points principaux : la psychologie de la violence, de celle qui produit le comportement violent et de celle qui la subit et la façon dont l’entraînement aux arts martiaux nous prépare à affronter cette violence.
Je pense qu’il s’agit réellement d’un must-read pour tous ceux qui s’intéressent de près à la dynamique de la violence et plus particulièrement pour tous les enseignants de self-défense, quel que soit la discipline qu’ils pratiquent.
En effet, l’enseignement de la « self-défense » (pour utiliser un terme générique) est une affaire des plus sérieuses, en ce qu’elle met potentiellement en danger la vie d’autrui.
Or la représentation, plus ou moins réelle et fantasmée, que l’instructeur se fait de la violence va considérablement influer sur sa façon d’enseigner, pour le meilleur ou pour le pire.
A titre personnel, les réflexions de Miller, même si je ne les partage pas toutes, m’ont poussé à ré analyser certains détails, dans ma façon d’enseigner et m’ont permis de mettre le doigt sur des petites choses à améliorer.
Une lecture bénéfique, donc.
Peace,
Rico
Le blog de Rory Miller: http://chirontraining.blogspot.com/